Les tensions couvaient depuis des mois. Xavier Desmares, Patrick Gaudin, Paulette Guineheux, Cyrille Guguen, Jean-Paul Lecoulan et Patrick Tassot ont envoyé chacun leur lettre à la mairie. Ils
démissionnent du conseil municipal.
« Le malaise est flagrant. On préfère arrêter », lâchent Xavier Desmares et Patrick Tassot.
Élus troisième et quatrième adjoint de la commune en 2008, les deux hommes avaient déjà quitté leur fonction en février. Sept autres avaient renoncé à leur poste de vice-président de
commission. Tous avaient choisi de rester dans l'équipe comme conseillers municipaux. « Cela fait longtemps que nous signalons des dysfonctionnements, mais cela n'aura rien fait
bouger ».
Dialogues de sourds
Les six démissionnaires dénoncent plusieurs problèmes dans la gestion de la commune. « Le projet ambitieux de l'école a été abandonné, les charges de personnel ont augmenté, les lagunes
sont dans l'impasse », énumèrent Xavier Desmares et Patrick Tassot.
Ces élus ont l'impression de ne plus faire partie d'une équipe mais d'être dans l'opposition avec des joutes verbales et des dialogues de sourds. « Nous n'avons plus voix au chapitre.
Quel que soit notre avis, les décisions sont votées. »
Pascal Simon, le maire, estime de son côté que, même si tout le monde n'est pas toujours d'accord, on peut travailler ensemble. « Mais pour ça, il faut prendre part aux commissions et
aux réunions où tous les dossiers sont examinés. » Pour chaque sujet pointé du doigt, le premier magistrat argumente.
Un exemple. Sur l'agrandissement du hangar des services de la voirie, l'équipe sortante estime que : « si la commune avait fait appel aux employés communaux, les travaux auraient
coûté 30 000 € de moins. » Le maire rappelle que, même pour une extension, il faut se plier à certaines règles. « Notre personnel est compétent mais
n'est pas habilité à tout faire. Dans ce cas, nous devions faire appel à des entreprises spécialisées dans le bâtiment. »
Retour aux urnes
Certains reprochent aussi à Pascal Simon de ne pas être assez présent à Saint-Guinoux. « Le plus important est que les administrés trouvent toujours quelqu'un à la mairie pour leur
répondre ou les aider », estime le maire qui travaille à Yffiniac, dans les Côtes-d'Armor. « S'il y a un manque de travail, si l'équilibre de la commune est en danger, s'il y a
des irrégularités, c'est critiquable et même condamnable mais si c'est juste une lutte de pouvoir, cela n'a pas de sens. »
De leurs côtés, les élus démissionnaires ne veulent pas ajouter de l'huile sur le feu et pensent vite tourner la page de cette première expérience en politique qui les aura déçus. Les
Guinoléens, eux, vont devoir retourner aux urnes.
La loi prévoit la mise en place d'élections partielles dès qu'un tiers du conseil municipal disparaît. Ici, c'est le cas puisque 6 démissionnent sur l'équipe de 15 élus. Dès que les démissions
seront effectives, la sous-préfecture de Saint-Malo aura 3 mois maximum pour mettre en place un nouveau scrutin auprès de la population en âge de voter. En attendant, le conseil continuera de
siéger et de gérer la commune avec ses 9 élus.
Le maire invite les habitants qui souhaitent se présenter aux élections ou faire partie des commissions à se faire connaître dès la semaine prochaine en mairie.