Mardi 9 novembre 2010
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Pendant que le skipper péréen Gilbert Chollet poursuit son aventure solitaire vers Pointe-à-Pitre, « ses femmes » suivent ensemble son périple depuis leur quartier général dans les
locaux de EVTV ; « depuis que Gilbert est parti », lancent-elles en chœur et dans un éclat de rire commun, « ce n’est plus EVTV, l’entreprise de vidange des Trois
Villes ; c’est l’entreprise de vidange des trois filles ».
Le ton est donné, l’aventure de Gilbert est bien vécue par Carmen son épouse, Aurélie sa fille et Céline sa belle-fille, toutes trois responsables dans l’entreprise EVTV. « Depuis qu’il a
8 ans, Gilbert navigue ; il rêve depuis longtemps de la Route du Rhum », explique Carmen. « Un rêve qui a mûri brutalement à la fin de l’année dernière, presque du jour au
lendemain. Pour lui, c’était le bon moment, associer son départ en retraite et sa participation à la course. Alors, ça ne nous a pas étonnées plus que ça ! ». Ce n’est pas le moment du
départ qui a le plus inquiété les trois femmes : « la veille du départ, nous avons mangé un couscous en famille ; tout le monde était serein. Le matin, Joshua son fils, Jean-Paul
et Julien Arnaudet ses amis ont effectué le passage de l’écluse à 6 h 15, entourés de la famille sur les quais, qui lançait des croissants ! Pour le départ, nous étions toutes
embarquées, pour pouvoir le suivre au plus près. À la fin, on était contentes qu’il parte, il était temps que ça s’arrête ; son départ est une forme de liberté, pour Gilbert et pour
nous. » « Ca », ce sont les préparatifs, la recherche de sponsors, les entraînements, les démarches : « s’il n’avait pas trouvé de sponsors, s’il avait eu un empêchement
de dernière minute, Gilbert aurait mal accepté l’échec… » relate Carmen, tandis qu’Aurélie, qui dirige EVTV, enchaîne « la quinzaine qui a précédé le départ a été fatigante ; il
était pris médiatiquement et nous, nous avions notre travail, le quotidien à gérer. »
Et maintenant, durant la course…
Alors, l’aventure, elles la poursuivent par internet : « A l’heure actuelle, nous avons la chance de pouvoir suivre la course, contrairement aux premières éditions de la Route du
Rhum », indique son épouse, « c’est un peu comme si nous étions dans le bateau. » À ce moment, Aurélie jette un regard vers l’horloge « tiens, il doit y avoir eu un nouveau
pointage, on va voir où il est ».
Les mails permettent également d’avoir une idée de la forme du skipper : « 1 heure de pétole, c’est long, surtout quand on essaie de faire avancer le bateau avec 1 nœud de vent, alors
ce midi, je me suis improvisé un gueuleton avec les amis pour me distraire un peu » ; dans ce mail du 4 novembre, suit une description minutieuse du gueuleton, citant les personnes
qui ont offert les bons mets… Aurélie commente « Papa… du moment qu’il dort et qu’il mange bien, ça va ! » ; et les trois femmes poursuivent une énumération amusée des
douceurs emportées : « un gros far au rhum, 12 tablettes de chocolat ; 21 paquets de chocolats ; des noix décortiquées ; un saucisson ; des petits jambons des
Pyrénées » Carmen enchaîne « il a pris des plats lyophilisés autochauffants, mais il préférera ouvrir ses boîtes de cassoulet, des grandes, parce que dans les petites, il n’y a pas
assez pour lui ! » et Aurélie commente « C’est le seul skipper qui va prendre du poids pendant la course ! », ajoutant « il en a besoin ; selon l’étude d’une
diététicienne, compte tenu de son physique, il a besoin de 5 700 kcal par jour, avec un apport accru de protéines ».
Si le skipper ne se laisse pas abattre, comme il l’écrit à la fin du mail du 4 novembre, les femmes non plus : « nous ne sommes pas inquiètes. Gilbert est un bon marin. Des
avatars, il en a connus, le démâtage, la rencontre avec une baleine, les tempêtes… Nous lui faisons entièrement confiance sur le plan navigation ; pour lui, l’expérience nouvelle, c’est la
solitude… Mais il dort et il mange bien, c’est l’essentiel pour un Chollet. »
Y a-t-il un envers du décor dans cette épopée familiale ? « Oui », commence à rire Carmen, « c’est l’état de la maison ! Il y a des dossiers partout, des cartes marines…
Le conjoint qui reste à terre a tout à ranger ensuite ! Et la deuxième valise, celle que j’emmènerai là-bas, pour qu’il ait des vêtements propres et secs à l’arrivée, qui va s’en
charger ? Et puis, c’est aussi l’épouse qui prend les billets d’avion pour le retour, la location de voiture sur place, la réservation de l’hôtel… ». CB