Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 05:39

Dans la nuit glacée, des familles avec leurs enfants

Après avoir pris une soupe au camion de la Croix Rouge, cette famille retourne dans un squat. Sans eau ni chauffage. / Photo : Marc Ollivier
Après avoir pris une soupe au camion de la Croix Rouge, cette famille retourne dans un squat. Sans eau ni chauffage. / Photo : Marc Ollivier

 

Reportage

 

Ils sont là. Malgré la neige et le froid. Comme tous les jours, à 21 h, les Gerel et les Bexhee font la queue devant la camionnette du Samu social, place de la République, à Rennes. Les deux familles chinoises d'origine mongole n'ont pas obtenu l'hébergement auquel elles ont droit en tant que demandeurs d'asile. Le 115, le numéro pour les logements d'urgence, n'avait pas de place, ce jeudi soir. Ils sont à la rue.

Femmes, hommes et enfants boivent en silence la soupe chaude. Ariumaa, 9 ans, et Avid, 11 ans, se pressent contre leurs parents. Seuls les enfants, scolarisés, parlent français. Nansal, la maman, les yeux embués de larmes, nous fait comprendre qu'elle n'en peut plus. Ils repartent tous, du même pas, avec un petit sac en plastique du Samu social : du pain, une mandarine et une bouteille d'eau. Un clochard, cheveux et barbe hirsutes, tire un sourire à Ariumaa. Il lui a offert une barre de chocolat.

Les deux familles montent dans le bus. Une fois encore, elles n'ont d'autre solution que d'aller dormir dans le squat ouvert en ville, à deux arrêts de là. Pas franchement le temps de se réchauffer. Rue Louis-Postel, à deux pas du centre-ville, ils entrent dans l'ancien funérarium où s'entassent une centaine de personnes (1). Le coin des Mongols est au fond, à l'étage. Avid sort une petite lampe de sa poche pour éclairer l'escalier étroit. Des couvertures suspendues à des ficelles séparent le grenier en logements de misère.

Trois matelas sont installés à même le sol. Un troisième couple, avec un bébé de quelques mois, a obtenu ce soir une chambre par le 115. Chaque famille dort, à trois ou quatre, sur le même matelas. Aucun chauffage, juste un gros néon qui répand une lumière blafarde. Pas d'eau non plus. Un bidon de 20 l pour les premiers besoins. Les hommes tapent doucement des pieds sur le plancher poussiéreux pour chasser l'onglée. Les enfants se frottent les mains. Il fait 0 °C, presque aussi froid que dehors. Moins la neige.

À plusieurssous les couvertures

Nansal regarde les ardoises du toit, grimace. Daykhilt, l'autre mère, met du riz à cuire en silence dans une cocotte électrique. Ses enfants, 12 et 15 ans, sont absents. Hébergés pour quelques nuits par des camarades de classe. Impossible de rester longtemps debout ici. Mieux vaut essayer de se réchauffer à plusieurs sous les couvertures.

Demain, avant 8 h, les enfants se lèveront pour l'école. Mais, le matin, il gèle encore plus. Galt, leur père, lève les yeux pour dire la dureté de son existence. Arimuaa le regarde en souriant, lui glisse quelques mots qui illuminent le visage paternel. Il est 23 h, l'heure de se coucher pour oublier le froid.

 

Serge LE LUYER.
Il nous faut nous mobiliser pour ne laisser personne dehors pendant l'hiver ....
jfr
Par Jean-Francis RICHEUX - Publié dans : Social-Famille
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Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 05:04
Ouest-France 

À Saint-Malo, les vagues montent régulièrement à l'assaut de la ville. La digue protège une zone sensible, 450 hectares et 5 900 habitants, davantage encore en période estivale. / Photo : Photo d'archives

À Saint-Malo, les vagues montent régulièrement à l'assaut de la ville. La digue protège une zone sensible, 450 hectares et 5 900 habitants, davantage encore en période estivale. / Photo : Photo d'archives

Les services de l'État ont tiré les leçons de la tempête Xynthia, en Vendée. Le littoral d'Ille-et-Vilaine va faire l'objet d'un plan de lutte pour limiter les dégâts, en cas de raz de marée.

30 km de digues

 

Prévenir les inondations maritimes, c'est la priorité des services de l'État. « Il faut tirer les leçons de la tempête Xynthia pour prévenir les risques d'inondations sur notre littoral », insiste Michel Cadot, le préfet. 26 alertes météo ont été recensées l'an passé en Ille-et-Vilaine. 30 km de côte sont protégés par des digues. Lorsque les conditions sont réunies (grande marée, tempête violente et forte houle), la mer peut submerger les terres à certains endroits, avec des effets dévastateurs.

13 000 hectares

Sur le littoral d'Ille-et-Vilaine, deux secteurs sont particulièrement exposés. Saint-Malo, derrière la digue de Sillon, avec une surface de 450 hectares abritant 5 900 habitants, une population qui s'accroît en période estivale. Plus loin, après Cancale, le long de la baie du mont Saint-Michel, on trouve le marais de Dol. La digue de la Duchesse-Anne protège une vaste cuvette de 12 000 hectares, avec 15 communes et 7 700 habitants. Ces deux secteurs totalisent, à eux seuls « 50 % des enjeux identifiés en Bretagne, avec plus de 14 000 bâtiments sur 13 000 hectares ».

Dans le passé

Les risques sont ceux d'un raz de marée qui peut survenir à tout moment, comme en Vendée. C'est rare, mais cela s'est déjà produit dans l'Histoire. La baie du Mont Saint-Michel a connu de tels événements en 1735, 1817 et 1869 (les digues avaient cédé sur 2 km). À Saint-Malo, la digue s'était effondrée sur 250 m en 1950. Plus proche de nous, en 1979, une brèche de 30 m s'est ouverte. Des dégâts avaient été aussi constatés en mars 2008, sous l'assaut des vagues. « À plus long terme, avec le réchauffement climatique et l'élévation du niveau de la mer, il sera peut-être nécessaire de surélever les digues. »

Entretenir les digues

Les digues devront faire l'objet d'un classement et d'un plan d'entretien, afin de les surveiller d'encore plus près. Sont également concernés : Saint-Lunaire et Saint-Briac (digue des Longchamps), Cancale (port de la Houle), polders de l'Ouest (1 200 hectares à proximité du Mont Saint-Michel). Par ailleurs, l'ensemble des communes littorales vont être incitées à mettre en place des Plans communaux de sauvegarde (PCS). Concrètement, il s'agit d'organiser les secours en cas de catastrophe. Pour l'instant, seule Saint-Malo possède un PCS.

Plan de prévention des risques

La mesure la plus contraignante concerne Saint-Malo et le marais de Dol. Dans ces deux secteurs, l'État va élaborer un Plan de prévention des risques (PPR) dans les trois ans qui viennent.

Après consultation des élus et des populations, cela aboutira à un arrêté préfectoral, opposable aux tiers, qui réglementera l'urbanisation. « Il n'est pas envisagé de déplacer des habitants et de détruire des maisons comme en Vendée, mais les nouvelles constructions seront étroitement encadrées. » Il y aura des zones de danger où il sera interdit de construire. D'autres, des zones de précaution, où l'on ne pourra pas habiter en rez-de-chaussée.

Des élus inquiets

Dès maintenant, les services de l'État vont être vigilants. Dans ces communes exposées aux risques de submersion marine, toute demande de permis se construire va être examinée au cas par cas. Certains élus s'inquiètent. Le préfet a demandé à deux communes, le Vivier-sur-Mer et Saint-Benoît-des-Ondes, de déplacer leurs campings. À Hirel, le maire, Marie-Annick Guerche, craint de voir tous ses projets immobiliers stoppés. « Il n'y aura pas de coup d'arrêt brutal, veut rassurer le préfet, nous n'allons pas tout interdire, mais il faut une prise de conscience partagée des risques. »

 

 

Olivier BERREZAI.
Par Jean-Francis RICHEUX - Publié dans : Notre Territoire
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 19:17

Le class 40 Chimirec EVTV  a passé la ligne d'arrivée cet après midi avec notre skipper

Par Jean-Francis RICHEUX - Publié dans : le sport à Saint Père
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Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 00:59
Le camping de Saint-Benoît est situé face au Mont. « Un arrêté de fermeture, ce sera la fin, prévient le maire. »
Le camping de Saint-Benoît est situé face au Mont. « Un arrêté de fermeture, ce sera la fin, prévient le maire. »

 

Prévenir les inondations maritimes, c'est la priorité actuelle des services de l'État. « Il faut tirer les leçons de la tempête Xynthia pour prévenir les risques d'inondations sur notre littoral », insistait Michel Cadot, le préfet, au début du mois, en rappelant que l'année 2009 a été marquée, en Ille-et-Vilaine, par 26 alertes météo.

 

Le Vivier et Saint-Benoît

Le préfet a donc demandé à la ville de Saint-Malo et à quinze communes des marais de Dol d'élaborer, sous trois ans, un plan de zones à risque et de prévention. Les digues de Paramé (Saint-Malo), Saint-Lunaire - Saint-Briac et les polders devront faire l'objet d'un classement et d'un plan d'entretien.

Dans le Pays de la baie, ces mesures ont parfois du mal à passer auprès des élus. On l'a encore vu la semaine dernière, lors du conseil communautaire de Saint-Malo agglomération. Marie-Annick Guerche, le maire d'Hirel, est montée au créneau car sa commune est en zone submersible (Ouest-France de vendredi 19). « Dans le cadre de la modification du PLU d'Hirel, nous avons reçu une lettre du préfet : tous les projets immobiliers sont stoppés et on ne sait pas pour combien de temps ! »

La maire d'Hirel a demandé au sous-préfet une réunion d'urgence à ce sujet.

Par ailleurs, le préfet a aussi demandé aux communes du Vivier-sur-Mer et Saint-Benoît-des-Ondes de lancer une réflexion « sur le déplacement de leurs campings ». Au Vivier, Gérard Salardaine, le maire et président de la communauté de communes du pays de Dol et de la baie du Mont Saint-Michel, a reçu un courrier dès le mois de juillet. Le camping municipal de 90 places (ouvert d'avril à septembre), géré par un prestataire privé, devra changer de place à l'avenir.

« Ce n'est pas un souci dans l'immédiat, nous n'avons pas le couteau sous la gorge, rassure le maire, car nous en sommes à la moitié du contrat avec le prestataire, il reste encore trois ans. Et nous avons réservé un terrain ailleurs. » Néanmoins, il est bien conscient des contraintes qui vont peser la baie, y compris à l'intérieur des terres. « Il est certain que ces nouvelles règles vont réduire l'urbanisation de nos communes. »

« Ce serait un crève-coeur »

A Saint-Benoît, le maire, Jacques Daniel, est préoccupé. Sur les trois campings de la commune, seul le camping municipal (105 emplacements, ouvert de juin à septembre) est visé par ces mesures de prévention, « car c'est le seul situé de l'autre côté de la digue de la Duchesse-Anne. S'il fallait s'en séparer, ce serait un crève-coeur pour nous et pour les commerçants, car sa richesse, c'est d'être face au Mont Saint-Michel. »

Le maire de Saint-Benoît ne s'en cache pas : « Si le préfet prend un jour un arrêté de fermeture, ce sera la fin du camping municipal, nous n'en ouvrirons pas un autre ailleurs. »

Selon lui, une telle mesure est excessive, « car il n'y a pas de risque d'un raz-de-marée en été. » Ironie de l'histoire, le camping municipal de Saint-Benoît avait été menacé une première fois, en 1999, par l'Opération grand site (OGS) en faveur du Mont Saint-Michel. Finalement, il a pu rester ouvert. Mais pour combien de temps encore ?

 

Olivier BERREZAI.
Ouest-France
Par Jean-Francis RICHEUX - Publié dans : Notre Territoire
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Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 00:48

Le 26/11/2010 à 19:22:00

 

 

gilbert-chollet-ramendeur.JPG

 

La flotte de la Route du Rhum-La Banque Postale 2010 affiche complet, ou presque ce vendredi sous le soleil enfin de la partie sous les latitudes tropicales. 70 solitaires ont en effet affalé les voiles après une traversée marquée non pas par la dureté des conditions météo, mais bien par leur complexité. De quoi donner une teneur très stratégique à cette cuvée 2010 qui a persisté à ne surtout pas cultiver les clichés alizéens avec des longs surfs sous spi. Du côté des maxi-multicoques, Franck Cammas (Groupama 3) a mené sa course tambour battant sur la route Sud. Le grand vainqueur de cette 9è édition de la reine des courses océaniques a avalé l’Atlantique à pas de géant, mettant à profit ses dimensions XXLarge pour attraper des vents portants dans ses voiles. Dans le camp des monocoques, en IMOCA, comme en Class40, la voie du succès passait par la face Nord dans des vents contraires majoritaires et sur une mer désordonnée. Pour l’heure, après 26 jours de course, seul le dernier des 40 skippers engagés en Class40, Gilbert Chollet (Chimirec-EVTV), progresse encore vers Pointe-à-Pitre. Le doyen de la flotte, aux prises avec des calmes lancinants et une sérieuse panne de vent, affiche 380 milles à parcourir pour rallier la Guadeloupe. Si Eole veut bien de nouveau poindre le bout de son souffle, cet amateur pur iode pourrait rejoindre dans la journée de lundi les rangs des 71 solitaires classés à l’issue de cette édition qui n’a surtout pas fait mentir son niveau d’exigence, et a bien tenu toutes ses promesses océaniques… >>

Par Jean-Francis RICHEUX - Publié dans : Sports
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