Jeudi, le conseil municipal de saint Père a voté unanimement contre l’accord local proposé par Saint-Malo agglomération (SMA) en application de la loi relative à la représentation des communes dans les communautés d’agglomération. Jean-Francis Richeux, maire de Saint-Père et conseiller général du canton de Chateauneuf, résume le point de vue des élus de Saint-Père.
« Cette loi, votée à Paris, veut réglementer tous les territoires sans distinction. Elle correspond à une attitude passéiste, qui prônait le toujours plus et
toujours plus gros. Ce n’est pas ce que nous voulons pour notre territoire. Quand le canton de Chateauneuf, qui a mené des réflexions et mis en place des équipements communs, est parti dans SMA,
c’était dans l’esprit de monter des projets, de faire à plusieurs ce qu’on ne peut faire seul, et non d’établir une concurrence entre ville et campagne. Un projet intercommunal réussi est d’abord
et avant tout le fruit d’une réflexion collective acceptée et portée par l’ensemble de ses acteurs. Il nous faut réfléchir tous ensemble, sans heurts, sans polémique, sans politisation, dans le
respect de la physionomie des élus et en fonction des particularités de notre territoire.
Le projet proposé par le président de SMA tient compte uniquement du nombre d’habitants dans chaque commune ; d’autres éléments sont à prendre en compte, notamment la surface et le potentiel de développement.
À l’heure actuelle, le centre actif se déplace sur les communes des première et deuxième ceintures. On sait que le développement va se faire sur les axes N 176 et D137, et nous allons construire ce boulevard interurbain entre Saint-Malo et Rennes, où transitent actuellement chaque jour 5 000 véhicules. L’avenir de notre territoire dépend aussi du développement rennais.
Ce travail, qui permettra à tous de prendre en mains l’avenir du territoire doit se faire dans le respect de chaque commune, quelle que soit sa dimension :
échelon local de proximité par excellence, la commune est garante de services publics de qualité et accessibles pour les administrés. Elle est également le premier lieu d’exercice de la
démocratie et de son apprentissage et, à ce titre, essentielle à une République apaisée. Tous les citoyens ont leur importance, qu’ils soient de ville ou de campagne, et je souhaite que SMA aille
dans ce sens et que les élus locaux ne laissent pas passer ce sujet qui est un véritable enjeu d’avenir pour nos communes.
ouest-France du 13 juin 2013
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