Projets mytilicoles : Jean-Francis Richeux s'inquiète ...
mercredi 11 janvier 2012
Les deux projets d'élevage de moules sur filière à Cancale et Saint-Coulomb fait réagir Jean-Francis Richeux, conseiller général d'Ille-et-Vilaine, membre de la commission du développement durable.
Absence de schéma d'ensemble
« Je suis inquiet car, si ces projets qui utilisent 285 ha de domaine maritime sont autorisés, jusqu'où ira-t-on ? Ne faut-il pas passer par une plus grande concertation avec les différents partenaires, et établir un schéma général au niveau de la baie ? Il faudrait un schéma de cadrage pour tout ce qui utilise l'espace littoral, afin d'éviter de répéter les erreurs faites en Rance. »
Menaces pour l'écosystème
« Je suis inquiet pour les pêcheurs et les conchyliculteurs : l'objectif de l'élevage de ces moules sur filière est d'obtenir une production avant et après la production des moules sur bouchots actuelle. Le risque du projet filière, c'est que tout autour du site il existe des rochers et des cailloux qui pourraient être massivement colonisés par les individus qui tomberont des filières. Ce problème n'existe pas en baie car autour des bouchots il y a essentiellement de la vase et du sable, support non favorable pour les moules. De plus, les 1 000 tonnes de moules surnuméraires annuelles vont ponctionner le plancton, nourriture des coquillages actuellement présents qui subissent déjà la concurrence des crépidules dont les populations augmentent encore. L'écosystème de la baie est actuellement en évolution, difficile à anticiper ; quelles seraient les conséquences de cette implantation massive dans quelques années ? »
Impact négatif sur le tourisme
« Je suis inquiet pour la navigation, qu'il s'agisse des professionnels ou des plaisanciers, car ce projet ferme un territoire de 3 millions de m 2 , avec un risque pour la sécurité des navigateurs.
On a vendu le tourisme en Haute-Bretagne pour ses paysages et son littoral ; et là, on va mettre des centaines de grosses bouées inesthétiques ! Quel impact visuel... Et puis, en cas de fort coup de vent comme celui de vendredi dernier avec des pointes de Nord-Ouest à 120 km/h, en ce lieu que l'on sait particulièrement exposé, si les filières lâchent, ce sont des moules et des fragments de coquillages coupants, et du plastique qui vont se retrouver sur les plages... »
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